Les habitants du Canton de Vif découvrent en ce moment les dépliants dans les boîtes aux lettres qui présentent la rocade Nord. Ils évoquent leur profond mécontentement quant à la procédure choisie.
Il importe d'abord de constater qu'en 2004, la majorité sortante a reçu mandat démocratique pour 3 ans. Elle effectue actuellement la prolongation pour cause d'élection présidentielle au printemps 2007. C'est pendant cette prolongation que cette majorité décide d'engager la consultation sur un sujet de cette ampleur.
Ce n'est pas seulement pendant la prolongation, c'est en pleine période de vacances d'été. C'est une date qui "fait rire" toutes les autres agglomérations qui évoquent Grenoble comme la ville où soit on ne part pas en vacances soit on profite du départ en vacances pour consulter les habitants ...
C'est une consultation où les mots perdent leur sens habituel. Il est ainsi question "d'un tunnel à ciel ouvert pour partie". Le propre d'un tunnel d'ordinaire c'est de ne pas "être à ciel ouvert". A Grenoble, une nouvelle génération de tunnel voit le jour : les tunnels à ciel ouvert. Qu'est ce qu'un tunnel "classique" ? C'est probablement une voirie à "ciel fermé". Quelle est alors la différence entre une voirie classique et un "tunnel à ciel ouvert" ? Aucune. Mais le mot tunnel donne immédiatement le sentiment de voirie "enfermée" donc moins polluante pour le bruit et l'esthétisme. Par conséquent, le pouvoir départemental parle de "tunnel" même si le projet n'en est pas un totalement.
Pour le financement, la brochure évoque le péage au conditionnel. Cet usage du conditionnel montre que nous sommes consultés sur un projet dont le bouclage financier n'est pas achevé. Est-ce sérieux de consulter la population sans donner des indications financières précises, définitives ?
Il est question d'un plan complémentaire des transports collectifs. Mais aucune précision ne concerne notre secteur.
Tous ces éléments montrent que cette consultation est une mascarade tant elle s'éloigne du contenu classique qui fonde les consultations dignes de ce nom.
Ce manque de respect pour les citoyens est un marqueur du degré de panne de démocratie qui caractérise désormais l'agglomération Grenobloise.
Denis Bonzy
Ancien Président de l'AURG (Agence d'Urbanisme de la Région Grenobloise)